Le jeu de la vie, ou l’idée brillante de John Conway

Une idée originale qui va s’avérer surprenante Le Jeu de la vie est conçu par John Conway à la fin des années 1960, un objet mathématique singulier. Son principe est simple, une grille de cases noires ou blanches et quelques règles élémentaires qui déterminent l’état de chaque case au tour suivant selon celui de ses…

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Une idée originale qui va s’avérer surprenante

Le Jeu de la vie est conçu par John Conway à la fin des années 1960, un objet mathématique singulier. Son principe est simple, une grille de cases noires ou blanches et quelques règles élémentaires qui déterminent l’état de chaque case au tour suivant selon celui de ses voisines. Rien de plus. Pourtant, de cette simplicité va surgir un monde dont les comportements deviennent si riches qu’ils échappent rapidement à l’intuition. C’est là tout le vertige de ce concept, il montre qu’un système extrêmement simple peut produire une grande complexité.

Avec son allure de borne d’arcade rétro, le Jeu de la vie semble d’abord n’être qu’un divertissement un peu geek. Des pixels apparaissent, disparaissent, se regroupent, défilent. Mais à force d’observer cette agitation élémentaire, une intuition émerge, il ne s’agit peut-être pas seulement d’un jeu, mais d’une expérience plus large.

Le fil que tire l’histoire du Jeu de la vie, depuis sa création jusqu’à nos jours ne cesse de surprendre. Des mathématiciens d’abord, des artistes, et des philosophes ensuite, vont s’inspirer de cette idée et se demander quelle est la nature réelle de ce monde étrange qui surgit ?

John CONWAY

Né en 1937 près de Liverpool, passionné de Backgammon, de logique et de concepts étranges, John Conway est un mathématicien à part, un esprit brillant et joueur. Il n’a cessé d’être attiré par les idées en marge, de la mécanique quantique à la structure des connaissances, il explorera ainsi le super déterminisme, les variables cachées, ou le théorème du libre arbitre. Un univers que l’on croirait tout droit sorti des meilleurs romans de science-fiction.

C’est précisément ce contexte qui va stimuler l’imagination de John Conway. Là où il fallait un crayon, des feuilles et surtout beaucoup d’heures de sueur, la puissance informatique permet désormais, en quelques battements de cils, de venir simuler des automates cellulaires, sur des milliers voire des millions de générations.

Il pressent un parallèle fécond avec les mécanismes d’une société d’organismes vivants : l’influence néfaste de l’isolement, de la surpopulation, ou les relations d’équilibre. Il cherche une machine qui pourrait ainsi reproduire certaines lois de la vie, notamment reproduire des formes et des motifs.

Sa clairvoyance s’avère brillante, après plusieurs essais, il identifie un ensemble particulièrement prolifique. En contemplant l’écran, il raconte s’être simplement assis pour observer les formes apparaître, émerveillé par ces motifs qu’il voit alors émerger par la seule action de son automate.

Non sans malice, il file l’analogie biologique et nomme son modèle Game of life. Les règles informatiques dictent sur la grille le droit de vie ou de mort des cellules, leur manière de naître, de mourir ou de survivre.

Le début d’un phénomène

Lorsque Conway commence à faire défiler les générations, il découvre par tâtonnements et réflexions un premier bestiaire de formes modestes. Certaines configurations s’éteignent rapidement, d’autres se figent, d’autres encore oscillent selon une période régulière. Très vite, il crée un vocabulaire pour nommer cette faune pixellisée. Les clignotants, les ruches, les grenouilles… viennent peupler une grille de moins en moins austère.

Puis viennent d’autres formes, encore plus étranges. Certaines traversent la grille à vive allure, comme propulsées par une énergie mystérieuse, et Conway les baptise vaisseaux spatiaux. Le plus célèbre d’entre eux est le glider, à chaque cycle, ce motif retrouve sa forme en s’étant décalé d’une case en diagonale. C’est un objet minuscule, pourtant il montre qu’une structure cohérente peut émerger et traverser l’espace sans moteur, sans pilote, c’est-à-dire sans aucune programmation qui aurait spécifiquement déterminé ce comportement.

Et peu à peu, , des structures colossales et particulièrement sophistiquées vont alors être révélées. Des machines à construire d’autres machines, des systèmes de synchronisation, et même des configurations capables de simuler un Jeu de la vie à l’intérieur du Jeu de la vie. Ce qui n’était au départ qu’une poignée de règles dessinées sur une feuille blanche devient un univers d’une complexité fascinante.

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John Conway

conway ordi

Une histoire à découvrir complétement dans le premier numéro de la revue Phosphène…